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Une première ‘caliente’ pour Republica Ideal de Acapulco

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La température est montée hier soir au Café de la Danse, lors de la première représentation de Republica Ideal de Acapulco, pour le plaisir de nos oreilles frigorifiées. Oublié le climat parisien, pendant dix-sept titres aux rythmes cubains ensoleillés.

La salle est pleine pour saluer le coup d’envoi de la formation, fruit de la collaboration entre Nicolas Repac, compositeur et guitariste, et la cubaine Yaite Ramos. L’ambiance est posée d’emblée. Ce soir, on sort à la Havane. Panamas et costumes, talons aiguilles et robe courte, jusqu’à la carafe de… d’eau, négligemment posée sur un tonneau devant la scène et dont se désaltèrent les musiciens à petites gorgées finement savourées.

La star de la troupe est incontestablement la charismatique Yaite Ramos, toute en sourires ravageurs, sensualité et talent. La chanteuse a le sens de l’humour et du spectacle. Elle ponctue le show de sa voix chaude, sa flûte traversière, ses danses provocantes et sexy,  et aussi de ses boutades lancées à un public sous le charme. La “Dame Blanche” égraine sa maîtrise vocale au fil des chansons, flirte avec le hip-hop sur deux titres et avec l’électro sur un autre, mais reste somme toute fidèle à une style cubain moderne et efficace. Après le cinquième morceau Midnight Sun, les latinos en grand nombre dans la salle, entament d’ailleurs des pas de mambo et rajoutent une note exotique à l’atmosphère.

Un premier essai réussi donc, pour un groupe dont la bonne humeur est contagieuse. Pour un soir, le Café de la Danse a vécu sous une république chaleureuse où il fait bon vivre et s’amuser. Viva la Republica, y viva Acapulco !

Crédits photos: EliN

Tout l’esprit du 20ème au Piston Pélican

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En musique comme dans la vie, quand t’as du piston, t’as tout bon ! La preuve par trois grâce au Piston Pélican, l’un des cafés-concerts emblématiques du Nord-Est Parisien.

Vous l’ignorez peut-être, le mot piston désigne parfois une fanfare. Au début de cette histoire, la fanfare Circus, en investissant le bistrot Pélican Rouge tout en longueur de la rue de Bagnolet, en a fait une institution, un QG pour les noceurs du 20ème. Si la fanfare s’en est allée depuis longtemps, le nom cocasse revisité, l’esprit gouailleur et généreux sont restés. Aujourd’hui encore, les clients peuvent amener leur pique-nique au café, à condition de prendre une conso, la moindre des politesses quand même.

Bien sûr, le piston permet aussi de moduler le son de la plupart des cuivres. Ici, le soir, sur la petite estrade, judicieusement coincée dans un coin de la salle donnant à la fois sur le gigantesque bar art déco et l’arrière-salle au décor ‘comme chez soi’, les musiciens de tous horizons donnent le la. La sono est de qualité correcte, l’ambiance joyeuse et bon enfant. Au Piston Pélican, il flotte tous les soirs dans l’air comme un délicat parfum de fin de semaine.

Enfin, comme chacun sait, un piston est fort utile pour décrocher sa place face au public, profitez-en ! Les occasions de monter sur le podium sont rares et celle-ci est bien belle. Allez, tous à vos trompettes, et que ça guinche !

Avis à nos adhérents : vous aimeriez jouer un brin de musique au Piston Pélican? Contactez-nous en indiquant vos liens internet (site internet, page Facebook, page SoundCloud…). Nous transmettrons les candidatures adéquates et vous ferons un retour.

Le Piston Pélican, 15 rue de Bagnolet, Paris 20°. www.pistonpelican.com

Crédit photo : EliN

Ça jazze au Café Universel

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Le jazz, c’est la chaleur de vivre. Et cela, le propriétaire du Café Universel l’a compris voilà deux décennies. Si les amateurs de cabaret ont leur Michou, les fans de jazz vocal ne jurent que par Azou dans le quartier latin.

Il faut les voir arriver dans l’établissement, passer en coup de vent pour le saluer et s’enquérir du programme de la soirée. Au cœur de la rive gauche, trouver un bar où les visiteurs vous serrent la main et se présentent en entrant, vous font un brin de conversation avant le spectacle ? Oui, ce trèfle à quatre feuilles existe mais attention, il vous donnera une furieuse envie de revenir.

Cerise sur le gâteau, la qualité de la programmation n’a rien à envier à la douceur de l’accueil. Au Café Universel, on vient certes pour côtoyer un public convivial, mais surtout pour assister à une performance musicale. Passées les premières notes, plus question de converser à bâtons rompus avec ses potes, ses collègues ou sa belle-famille. Les invités d’Azou vous transportent aux States, la température monte de dix degrés. Les ennuis et le stress attendent sagement, sur le trottoir d’en face.

Alors, venez le mardi, chanter avec les amateurs lors des jam sessions. Venez, le mercredi, venez le jeudi, venez pour la compagnie ou seulement pour boire un pot. Oui, cette musique-là adoucit les mœurs, cher lecteur. Bienvenue au Café Universel, où il fait toujours beau.

Avis à nos adhérents : vous aimeriez vous produire au Café Universel? Contactez-nous en indiquant vos liens internet (site internet, page Facebook, page SoundCloud…). Nous transmettrons les candidatures adéquates et vous ferons un retour.

Le Café Universel, 267 Rue Saint-Jacques, Paris 5°. www.cafeuniversel.com

Crédit photo : EliN

 

 

 

 

 

 

Les magiciens du Souffle Continu

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“Le disquaire le plus pointu où on trouve ce que la F..c n’a pas”. Cet avis posté en ligne résume à lui seul le Souffle Continu, installé depuis 2008 dans le 11ème arrondissement de Paris, le lieu de pèlerinage tendance des amateurs de vinyles.

L’assortiment de la boutique est particulièrement sélectif : free jazz, musique expérimentale, acid-folk ou encore krautrock des seventies. Vous le comprendrez : les propriétaires ne badinent pas avec la musique. Théo Jarrier et Bernard Ducayron cumulent les casquettes : musiciens accomplis, disquaires, ils gèrent également leur label de réédition. “C’est devenu une nécessité pour nous”, indique Théo Jarrier, “l’activité de disquaire seule (…) est devenue impossible à tenir”.

Son dernier coup de cœur ? “Le disque Moshi de Barney Wilen, sorti en 1972. C’est un disque fondateur, un mix de jazz, de musique africaine, avec une touche de psychédélisme, cette ouverture symbolise ce que nous avons toujours proposé dans notre boutique, qui reflète aussi nos parcours respectifs à travers les musiques, les ponts entre des musiques si différentes soient-elles, cette universalité que finit par trouver chaque passionné de disque.”

Les deux complices ouvrent régulièrement leur porte aux artistes : “Nous organisons en boutique, des événements de type showcase de quarante minutes environ, pour des sorties de disques de groupes ou de musiciens, dont nous soutenons artistiquement le projet.” Une raison supplémentaire d’ajouter le Souffle Continu à la liste de votre prochain “tour des disquaires” dans la capitale.

 

 

Avis à nos adhérents : vous aimeriez proposer votre disque au Souffle Continu? Contactez-nous en indiquant vos liens internet (site, page Facebook, page Soundcloud…). Nous transmettrons les candidatures adéquates et vous ferons un retour.

Le Souffle Continu, 20/22 rue Gerbier, Paris 11°. www.soufflecontinu.com

Crédits photos : EliN

Le Motel, enclave pop à Paris

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Quand la boisson la plus banale qu’un bar puisse vous servir est un jus de fraise, on devine immédiatement que le lieu ne l’est pas, lui. Et quand les brèves de comptoir ont pour sujet le prochain concert des The Flaming Lips au Bataclan ou une publication de Sonic Youth sur Facebook, on dresse une oreille étonnée. Ajoutez à cette originalité latente une musique pop judicieusement choisie, un bar à 360 degrés, une salle intimiste qui ferait merveille dans un film de David Lynch, et vous obtiendrez le Motel, cocktail des soirées réussies.

Parfois, on aimerait garder nos bonnes adresses jalousement, rien que pour nous… Mais on préfère bien sûr avoir le plaisir de vous y croiser, pendant l’un de ses mémorables concerts ou pour le traditionnel “Pop Quiz”. En attendant, cinq questions à Djavid, cofondateur du Motel.

Racontez-nous comment l’aventure a démarré.

On a ouvert le Motel en février 2007 avec trois amis, bientôt dix ans… On ne trouvait pas vraiment notre bonheur dans l’offre de l’époque. On était plutôt Smiths, The Cure… la plupart des bars passaient les mêmes titres, qui ne nous correspondaient pas. On a donc décidé de lancer notre affaire.

La musique est donc le concept de base du Motel ? C’est original pour un bar.

Complètement. Nous sommes d’abord orientés musique, le bar est venu en complément. On a voulu créer un lieu où l’on entend des choses qui nous touchent, que l’on n’entend pas partout. Après, on a eu l’idée de proposer une carte indie, composée de bières originales et de cocktails atypiques.

En dix ans d’existence, avez-vu surgir des concurrents “pops” à Paris ?

Pas vraiment, en fait. De toute façon, nous ne sommes pas un bar de passage, mais un bar d’habitués. A part le Pop In, peu de d’établissements diffusent notre style de musique. Quand on a commencé, on est allés demander des conseils à Denis (ndlr : le propriétaire du Pop In), autant dire que ce n’est pas un concurrent, mais un ami !

Et au niveau de la scène musicale française, constatez-vous des changements ?

La pop française a longtemps été souterraine, mais les choses changent. Des artistes de qualité émergent, comme par exemple Christine and the Queens, que nous avons d’ailleurs accueillie pour son premier concert.

En parlant de concert au Motel, quel est votre meilleur souvenir ?

Il y en a plusieurs… Peut-être Dorian Pimpernel. Il est monté avec ses cinq musiciens sur notre petite estrade, vous imaginez… ça a été une soirée assez classe… Ah ! Et THE XX : c’était en juin 2009, avant la sortie de leur premier album. Leur label nous a demandé si on voulait bien leur laisser faire un showcase chez nous. On ne connaissait pas le groupe mais on a accepté, pour leur rendre service. Bref, ils ont joué ici leur premier concert en France, devant vingt personnes. Qui aurait pu imaginer que onze mois plus tard ils rempliraient l’Olympia ?

Avis à nos adhérents : vous aimeriez monter sur les planches du Motel? Contactez-nous en indiquant vos liens internet (site, page Facebook, page SoundCloud…). Nous transmettrons les candidatures adéquates et vous ferons un retour.

Le Motel, 8 passage Josset, Paris 11°. www.lemotel.fr

Crédits photos : EliN

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Moulin à Café souffle ses 11 bougies

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Il était une fois à Lutèce, dans les années 2003-2004, un quartier près de Montparnasse promis à de grises et hautes tours de béton, agrémentées d’une place de béton, autour d’un champ de béton. Les habitants, résignés, se préparaient à un environnement sans joie.

Tous les habitants? Non, une poignée d’irréductibles résidents résista tant et si bien à l’envahisseur immobilier, que la mairie revit sa copie. De cette bataille entre Parisiens frondeurs et urbanisme farouche naquit le 14 janvier 2006 le citoyen Moulin à Café.

L’objet initial du lieu est toujours d’actualité : créer du lien social dans une ville où les voisins ne se connaissent souvent pas. Deux pôles sont privilégiés : une restauration éthique et équilibrée à des prix abordables, et les animations. Plus de cinquante activités différentes sont ainsi proposées, dont celle qui motive ce site, la musique.

Le Moulin à Café se présente comme un tremplin pour des artistes désireux de tester leurs créations en live, les yeux dans les yeux avec le public. Eddy Lebreton, responsable investi, nous explique : “Nous sommes des défricheurs de talent. Nous proposons des concerts variés les vendredis et samedis. Bon voisinage oblige, le niveau sonore est limité et se prête plus à des morceaux acoustiques par exemple.”

Les métallos enflammés passeront donc leur chemin. Les autres en revanche ont tout à gagner à jouer au Moulin. “L’été, les groupes jouent dehors, sur la place. Lors de la dernière fête de la musique, le groupe Mille Fa7 a joué au milieu d’une centaine de personnes, tout le monde dansait. Les musiciens ont été agréablement surpris des retours positifs des spectateurs.”

Autre initiative à ne pas manquer : la scène ouverte mensuelle, où les musiciens jouent chacun leur tour et les spectateurs désignent le gagnant, qui ouvrira le bal le mois suivant. Histoire de se divertir et de passer un moment chaleureux parmi la grande famille d’habitués. Ne soyez pas timide, les nouveaux venus sont abordés spontanément, une rareté dans la capitale. Par Toutatis, ces gaulois-là ont décidément le cœur à la bonne place.

Avis à nos adhérents : vous aimeriez monter sur les planches du Moulin à Café? Contactez-nous en indiquant vos liens internet (site, page Facebook, page SoundCloud…). Nous transmettrons les candidatures adéquates et vous ferons un retour.

Le Moulin à Café, 8 rue Sainte-Léonie, Paris 14°. www.moulin-cafe.org

Crédits photos : EliN

Plongez les oreilles dans La cuve à son

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Time Out Paris ne lui a pas décerné l’année dernière le titre de “plus belle boutique du 12ème” par hasard. Avec ses bacs débordants de plus de 2500 vinyles, ses platines noires rétro (oui oui, celles que l’on a échangées avec soulagement il y a vingt-cinq ans contre des lecteurs de CD inrayables et que l’on convoite amoureusement aujourd’hui), son arrière-salle dédiée aux vins nature, La cuve à son fait figure de caverne d’Ali Baba pour les amateurs de bons titres – et de bons vins. Point de licence IV pour l’établissement, on vient avant tout pour se régaler les oreilles, et parler musique avec le maître des lieux.

La cuve à son représente un aboutissement pour Christophe Lepreux, disquaire passionné : “Cette boutique est un caprice… enfin un rêve que j’avais depuis l’âge de quinze ans. C’est la naissance de ma fille qui m’a donné la force de démarrer.”

On imagine mal que ce grand gaillard de quarante cinq ans, placide dans son jean et sa chemise à carreaux, était à l’origine un punk pur et dur. “Si ! J’avais la crête… on entend même ma voix sur la chanson des Bérurier noir Lobotomie (ndlr : album Viva Bertaga). C’était leur dernier concert, j’étais monté sur scène et avais pris le micro pour chanter avec eux… c’est en travaillant à la Fnac que mon univers musical s’est élargi.”

Tous les trimestres, La cuve à son accueille un musicien entre ses planches pour une soirée concert. Rendez-vous donc ce 25 janvier pour saluer l’Australien Darren Cross. L’occasion idéale de faire de belles rencontres musicales avant de rentrer chez soi déguster ses trouvailles.

Avis à nos adhérents : vous aimeriez distribuer vos titres (support vinyle ou cassette) à la cuve à son? Contactez-nous en indiquant vos liens internet (site, page facebook, page soundCloud…). Nous transmettrons les candidatures adéquates et vous ferons un retour.

La cuve à son, 56 rue Traversière, Paris 12°. www.lacuveason.com

Crédits photos : EliN

Ambiance (British) garantie au Pop In

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‘Oui, c’est normal que cette bière ne mousse pas. Les bières anglaises sont plus plates.’ explique Denis, le gérant des lieux, à une cliente. Plate, l’ambiance l’est rarement au Pop In, même à 19 heures en début de semaine.

Ce bijou de la culture pop-rock campe depuis 1997 rue Amelot, une artère nocturne du 11ème arrondissement de la capitale. L’an prochain, l’établissement fêtera en fanfare ses 20 ans, mais pour l’heure le patron s’affaire.

Au rythme de deux concerts par soir et avec la moitié de la programmation venant de l’étranger, il a appris à gérer l’inattendu au quotidien. Comme aujourd’hui par exemple : le groupe venant des USA a déclaré forfait à la dernière minute à cause d’un vilain virus. Qu’à cela ne tienne ! Le second groupe commencera plus tôt. Il vient d’entamer les répètes dans la salle arrière et les habitués ont répondu présent.

Les clients affluent dans le bar, commandent une bière et montent à l’étage, plus cosy avec ses vieux canapés, ou font la causette près du bar. Fort d’une capacité totale de 150 places, l’endroit est vite plein le week-end où l’on peut rester danser après les concerts. Mieux vaut arriver tôt donc, pour déguster sa pinte anglaise en toute quiétude avant le rush – et le show.

Avis à nos adhérents : envie de monter sur les planches du Pop In ? N’hésitez pas à nous contacter en indiquant vos liens internet (site, page Facebook, page SoundCloud…). Nous vous ferons un retour et transmettrons les candidatures adéquates.

Le Pop In, 105 rue Amelot, Paris 11°. www.popin.fr

Crédits photo : EliN

Le nouveau visage de l’International

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Paris dans le 11ème arrondissement, quartier Saint-Maur. Ne vous fiez pas à la devanture discrète. Loin de sa sobriété extérieure, l’International offre depuis 2008 l’une des programmations les plus variées de la capitale.

‘Ne pas ressembler à quelqu’un mais créer’. Le constat de l’équipe est clair : le monde de la nuit parisienne est actuellement en pleine mutation, le goût du public change. Pourquoi ne pas s’adapter ? L’International fait donc peau neuve pour notre plus grand plaisir.

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Désormais ouvert chaque jour, le lieu élargit sa palette et proposera bientôt des expositions de jeunes artistes, des stand-ups d’humoristes, des événements autour du vin et des cocktails. Fort de ce concept (et d’un bar à 360 degrés), le bar concert rock s’est donc mué en lieu culturel branché. Le vendredi et le samedi, l’International permet également à ses visiteurs de prolonger la fête après les concerts dans son espace clubbing.

Que les habitués se rassurent, la salle de concerts n’oublie pas sa vocation première : propulser un maximum d’artistes prometteurs sur le devant de la scène. La diversité de la programmation est toujours de mise dans cet espace de deux étages et d’une capacité totale de trois cent personnes. À un rythme de deux-trois concerts du mardi au vendredi, ce n’est pas moins de 480 artistes que l’International nous fait (re)découvrir chaque année.

Avis à nos adhérents : si l’aventure vous tente et vous désirez monter sur les planches de l’International, n’hésitez pas à nous contacter en indiquant vos liens internet (site, page Facebook, page Soundcloud…). Nous transmettrons les candidatures adéquates et vous ferons un retour.

L’International, 5-7 rue Moret, Paris 11°. www.linternational.fr

Crédits photo : EliN

Radical Face, le Zola de la Folk

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Rares sont les artistes aussi attachants pendant une interview que Radical Face. Qui ne se lèvent pas sitôt le temps imparti écoulé mais continuent de se raconter, parce qu’ils sont vrais, généreux et qu’au-delà de l’évidente promotion, ils aiment réellement aller à la rencontre de l’autre.

Bien tapi dans le fauteuil de l’hôtel ce jour-là, Ben Cooper aka Radical Face me décrit le parcours qui l’a conduit à la musique. Dans sa ville natale Jacksonville, en Floride, rien ne se passait jamais sauf à l’Einstein, à la fois salle de concert et disquaire. Dans son quartier, tout les ados fréquentaient donc l’endroit assidument et jouaient dans un groupe. La planche de salut d’un artiste marqué par une jeunesse particulièrement douloureuse.

Cette fêlure originale tranche avec la bonhommie du personnage, et pourtant… il le dit lui-même, Radical Face n’écrit que des chansons tristes. Chansons qu’il compose et dont il enregistre tous les instruments. Ce n’est que sur scène que ses musiciens – des amis d’enfance – prennent le relai dans une ambiance parfois comique. À chaque morceau ou presque, certains échangent leur place et leur instrument. Parfois, les copains ayant assuré la première partie entrent en scène le temps d’un titre. « Ici, chaque membre a ses propres projets musicaux, nous sommes tous égaux » dixit le chanteur. « Il n’y a aucune dispute. Je ne risque pas de prendre la grosse tête : rien de tel que les amis de toujours pour vous remettre à votre place. »

Crying Eye (Tour Photo)

Au-delà de la sympathie du personnage, Radical Face, c’est avant tout un concept musical. Une vision artistique inédite dans un monde MP3 aseptisé, avec notamment la tentaculaire trilogie The Family Tree. Le compositeur a ainsi chanté la vie d’une famille fictive dans l’Amérique profonde des années 1800 à 1980, en pas moins de quarante-quatre morceaux.

Ne vous y trompez pas : ces êtres fictifs existent bien. Ils sont chacun un reflet de la vie de leur auteur, une larme versée, une blessure secrète… la meilleure façon d’appréhender cette œuvre est peut-être de visiter le site du musicien, où l’arbre familial est cartographié comme dans un livre fantastique.

Une fois n’est pas coutume, et dans une vie de journaliste, il est bien agréable de croiser une célébrité alliant savoir-plaire et savoir-être. Alors à vous, Monsieur, nous disons radicalement oui.

5 QUESTIONS À RADICAL FACE

  • Les cinq mots qui vous définissent le mieux ?

Somnolent, Rire, Bibliophile, Nourriture, Triste

  • Où en est l’industrie musicale en 2016 d’après vous?

C’est un milieu qui est en pleine évolution depuis deux décennies. La façon dont nous ‘consommons’ la musique a totalement changé depuis mon adolescence ! Ma nièce de seize ans n’a jamais mis les pieds chez un disquaire par exemple. Il y a peu d’émissions de télé ou de radio (ndlr : aux Etats-Unis) où les musiciens peuvent se faire connaître du public. La plupart des ados découvrent de nouveaux morceaux en cliquant sur les choix proposés par des sites comme YouTube (rires)… ce qui fait qu’aujourd’hui même si les gens ont un choix de musique incroyable, ils écoutent tous la même chose.

  • Votre avis sur les téléchargements et la musique en streaming ?

Tout le monde écoute de la musique en ligne désormais, c’est la norme. Personnellement, j’ai une règle d’or : si j’écoute encore un morceau après une semaine, je l’achète.

  • votre trilogie The Family Tree fait penser à une saga littéraire, est-ce voulu ?

Absolument ! À une époque, j’ai pris des cours d’écriture et ai arrêté la musique pour devenir écrivain. Cela a duré pendant deux ans. Il faut vous dire que je ne faisais jamais de back up… un jour mon ordinateur a lâché, et j’ai perdu tout ce que j’avais rédigé pendant cette période. Du coup, je suis revenu à la musique (rires).

  • Votre chanson Welcome Home a été un véritable succès, l’aviez-vous pressenti en la composant ?

Pas du tout ! Personne ne s’intéressait à ce morceau quand je l’ai sorti, et je ne me suis jamais dit que cela allait faire un carton. Et trois ans après sa sortie, tout à coup, c’est un hit! Je ne pense pas qu’un compositeur ait tellement d’influence quant au succès de ses titres. Pour ma part en tout cas, je ne me soucis pas du succès commercial potentiel de mes créations.

Envie d’en savoir plus sur l’artiste ?

Site : http://www.radicalface.com/

Facebook : https://www.facebook.com/RadicalFace/

YouTube : https://www.youtube.com/radicalface

Crédits photo: Gordon McBryde

Propos recueillis pas EliN